S’accorder le droit de ne pas aller bien

On nous parle sans cesse de positivité, de bonheur, de sourire malgré tout. On nous dit : « Sois heureux. Souris. Sois reconnaissant. » Et quand ce n’est pas le cas, la culpabilité s’invite. Et si, simplement, vous vous accordiez le droit de ne pas aller bien ?

Vivre avec une maladie, visible ou invisible, change la donne au quotidien. Chaque matin peut devenir un challenge à affronter, chaque geste peut coûter plus qu’il ne le devrait. Se lever, respirer, bouger, penser : tout devient effort et défi.
Vous vous dites peut-être que vous êtes ingrat, que vous devriez apprécier ce que vous avez, que d'autres vivent pire. Mais la vérité, c’est que votre corps ou votre esprit vous rappelle qu’il y a des limites. Et c’est normal. Vos sentiments sont réels. Votre fatigue est réelle. Votre douleur est réelle. Même sans raison apparente, même si « tout va bien » aux yeux des autres.

La maladie et le droit de ralentir
Vivre avec une maladie au quotidien, c’est apprendre à écouter son corps et son esprit. Il y aura des jours où la force vous manquera, où le moral vacillera, où le simple fait de sourire sera un effort. Et c’est OK. C’est même nécessaire. Ces moments ne sont pas des échecs : ils sont la preuve que vous êtes vivant, sensible et humain.
Il n’y a pas de hiérarchie de la douleur. Ce n’est pas parce que d’autres souffrent « plus » que vos propres limites n’ont pas de valeur. Ce n’est pas parce que d’autres paraissent « forts » que vous devez faire semblant.

Vos émotions sont valides
Cela signifie que vous avez le droit de ressentir ce que vous ressentez, qu'il est important d'accueillir vos émotions et de les accepter. Parce qu'il n'y a pas de mauvaises émotions.

Ne pas aller bien n’est pas un échec. Ne pas être « toujours positif » n’est ni un défaut ni un signe de faiblesse.
Vivre avec une maladie, c’est accepter que certains jours, le corps dicte sa loi, et que l’âme doit composer avec.

Accueillir ses journées « sans »
Il y aura des matins où le lit est votre meilleur ami, où chaque mouvement semble une corvée. Ces journées "sans", difficiles, semblent durer une éternité; mais cela fait partie de votre quotidien. Il y aura donc des jours où vous n'aurez pas le moral. Et c'est OK

Vous pouvez :

- Vous reposer, et écouter votre corps, sans jugement, sans culpabilité.
- Bouger doucement, selon vos forces : marcher dans la nature, respirer, vous reconnecter à votre corps.
- Mettre de la douceur dans votre quotidien : porter un vêtement dans lequel vous vous sentez bien, savourer un plat que vous adorez, ...
- Lire, écouter, regarder ce qui nourrit votre esprit et apaise vos tensions.
- Parler ou écrire, à un proche ou à un professionnel, pour déposer votre peine et vous reconnecter à votre monde intérieur.

Chaque geste, aussi petit soit-il, est un pas vers l’acceptation de vous-même et de votre corps.

La clé : la bienveillance
S’accorder le droit de ne pas aller bien, c’est apprendre la bienveillance envers soi, surtout lorsque le corps ou l’esprit se suivent pas.
Ne vous forcez pas à sourire. Ne vous forcez pas à être « normal ». Ne laissez pas la culpabilité vous envahir.
Soyez simplement présent pour vous, aujourd’hui, comme vous le feriez pour un ami cher qui souffre.

Accepter ses moments sombres, accepter les limites imposées par la maladie, c’est se donner la permission de renaître plus fort, plus aligné avec soi, avec douceur et respect de son rythme.

Celui qui veut voir l’arc-en-ciel doit apprendre à aimer la pluie.
- Paolo Coelho
Vous avez le droit de ne pas aller bien. Même avec une maladie qui vous accompagne chaque jour. Vous avez le droit de prendre soin de vous, sans jugement.

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