Cultiver la bienveillance envers soi

Il y a en nous une voix, une petite voix intérieure, qui ne se tait jamais. Et parfois, elle est trop dure, trop exigeante, presque dictatoriale. Elle juge nos gestes, nos paroles, nos pensées, nos choix. Elle nous rappelle tout ce qui n’a pas été parfait, tout ce qui aurait pu être mieux… et nous écrase sous le poids de nos propres attentes.
Et si nous décidions, pour une fois, de l’écouter autrement, avec douceur, avec respect, comme nous aimerions qu’on nous parle ?

Ces dictateurs intérieurs
Combien de fois nous sommes-nous crié dessus, mentalement, après un geste maladroit ou un choix qui ne nous satisfait pas ? Combien de fois nos pensées se transforment en jugements, en épithètes cruelles, en coups portés à notre estime de soi ?

Soyons honnêtes : nous ne nous ménageons pas. Et pourtant, accepterions-nous que quelqu’un nous adresse de telles paroles ? Si un ami, un partenaire, un collègue nous traitait ainsi, nous nous sentirions blessés, tristes, en colère. Alors pourquoi acceptons-nous de tels mots venant de nous-mêmes ?

La vérité, c’est que souvent, la pire maltraitance verbale vient de nous, et chaque mot cruel répété encore et encore façonne notre image de nous-mêmes.

Devenir son propre ami
Je me surprends parfois à écouter mes pensées comme on écouterait un critique impitoyable. Puis je me rappelle : Et si je devenais cette amie que je rêverais d’avoir ?

Lorsque je fais une erreur, je pourrais me dire : « Je suis stupide, je n’arrive à rien ». Mais je choisis de me dire : « J'ai fait de mon mieux, j'ai essayé, et c’est suffisant. »
Lorsque je doute, je pourrais me laisser submerger par la peur et le jugement. Mais je choisis de me murmurer : « Respire. Tout est en ordre. Tu n’as pas à être parfaite. Tu es digne d’amour, simplement telle que tu es. »

Se parler avec bienveillance, c’est devenir son propre guide spirituel, celui qui accompagne plutôt que celui qui frappe, celui qui rassure plutôt que celui qui critique.

Écouter nos besoins et nos émotions
La voix intérieure ne se limite pas à la critique. Elle peut aussi être un messager. Chaque émotion, chaque tension dans le corps, chaque fatigue, chaque petite tristesse nous parle.

Alors j’apprends à m’asseoir avec moi-même, à accueillir mes émotions comme on accueille un visiteur bienveillant :
- Que ressens-tu ?
- Qu’as-tu besoin maintenant ?
- Comment puis-je te soutenir sans jugement ?

Et souvent, il suffit de quelques mots doux pour apaiser un cœur fatigué : « Je suis là. Tu peux te reposer. Tu peux pleurer. Tu peux être toi. »

Pratiquer la bienveillance au quotidien
Quelques gestes simples peuvent transformer notre dialogue intérieur :

- Se parler comme à un ami cher
Chaque fois que vous vous surprenez à vous juger, reformulez vos paroles avec douceur.
Exemple : « Tu as fait une erreur » → « Tu as essayé, et c’est humain. »

- Célébrer les petites victoires
Même un geste minime mérite reconnaissance. Se féliciter nourrit l’estime de soi et apaise la critique intérieure.

- S’autoriser à ne pas être parfait
Les erreurs et les imperfections sont des occasions d’apprendre et de grandir. Les accueillir, c’est accueillir notre humanité.

- Se donner du temps
Prendre un moment pour soi, respirer, méditer, marcher, danser… peu importe le geste, l’important est de s’écouter et de se respecter.

Se parler avec amour n’est pas un luxe. C’est une pratique quotidienne, un chemin vers la paix intérieure et la liberté. C’est la base pour rayonner de cette bienveillance vers les autres, pour écouter, aimer et soutenir ceux que nous croisons.

Traitez-vous avec la même gentillesse que celle que vous offririez à votre meilleur ami.

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