Slow Fashion ou Fast Fashion : pourquoi je refuse la culpabilisation

Entre slow fashion et fast fashion, je partage mon regard personnel sur la consommation vestimentaire : choisir selon ses moyens, avec bienveillance et sans culpabilisation.

Ces derniers temps, j’ai l’impression que nos choix de consommation sont constamment scrutés, commentés, jugés. Comme si chaque achat devait être un manifeste. Comme si l'on nous demandait de cocher les bonnes cases, de suivre la bonne voie, sans jamais s'arrêter sur la réalité de nos vies, de nos contraintes, de nos corps, de nos budgets.
Et je vois, autour de moi, tant de personnes culpabiliser… comme si elles portaient, seules, tout le poids du système.

Sur ce blog, j’essaie de cultiver un espace plus doux : un lieu où l’on respire, où l’on regarde les choses avec nuance, où l’on prend en compte les vies derrière les discours. Ici, la bienveillance, l'ouverture et l’empathie ne sont pas des options — ce sont des fondations.
Alors, quand j’entends que consommer de la fast fashion serait “pas éthique”, je ne peux m’empêcher de répondre qu’il n’existe pas une seule vérité. Et que chacun fait comme il peut. Vraiment.

Pour ma part, je crois profondément qu’acheter moins est déjà un geste fort. Moins mais avec intention. Moins mais avec douceur. Moins, c’est mieux — même si ce “mieux” change selon nos histoires, nos silhouettes, nos moyens. Car oui, le budget reste un critère essentiel ; il détermine souvent plus que n'importe quelle conviction.
Beaucoup aimeraient porter du made in France, du made in Europe, des matières plus propres, des pièces pensées et fabriquées avec soin… mais la réalité financière ne suit pas toujours.

Être éthique dans sa garde-robe, pour moi, c’est d’abord apprendre à consommer selon ses valeurs et selon ses possibilités. Et c’est précisément ce que tant de personnes oublient : tout le monde n’a pas les moyens de racheter un vestiaire responsable, ni pour soi, ni pour sa famille.
Bien sûr, on peut étaler, économiser, acheter une pièce ou deux par an. Mais en attendant, il faut s’habiller aujourd’hui, maintenant, avec un corps qui change, des enfants qui grandissent, une vie qui bouge.

Et parfois, même au-delà du budget, d’autres raisons entrent en jeu : la coupe, les tailles disponibles, le confort, la façon dont un vêtement nous accompagne dans notre quotidien. Trouver ce qui nous va, ce qui nous ressemble, ce qui nous met en paix avec le miroir… ce n’est pas toujours simple.
Pour certains, la slow fashion offre plus de réponses. Pour d’autres, c’est l’inverse. Je fais partie de ceux qui trouvent plus facilement leur bonheur du côté de la fast fashion.

C’est pourquoi je refuse la culpabilisation.
Chacun consomme comme il l’entend — et surtout comme il le peut.
Personne ne voit l’ensemble des gestes silencieux que vous faites peut-être déjà : réparer, donner, porter longtemps, choisir mieux, ouvrir les yeux sur certaines pratiques… Ces gestes-là comptent. Ils avancent le monde, à leur mesure.

Et j’apprécie ceux qui expliquent, qui informent sans juger, qui partagent sans imposer. Oui, dénoncer certaines dérives fait bouger les choses, et c’est nécessaire. Mais pointer du doigt celui qui achète un pantalon à 20 euros n’a jamais résolu le problème.

Alors si, pour l’instant, la mode éthique ou européenne n’entre pas dans votre budget, si votre taille n’est pas disponible, si l’occasion ne propose pas ce dont vous avez besoin — ou si vous souhaitez simplement du neuf, parce que c’est votre droit — sachez que l’on peut trouver de très beaux basiques chez les marques de fast fashion, comme H&M ou Uniqlo, à des prix accessibles.

Ce sont les deux enseignes vers lesquelles je me tourne pour composer mon vestiaire. Des pièces intemporelles, aux couleurs neutres, bien coupées, qui tiennent dans le temps. J’en possède certaines depuis des années : elles n’ont pas bougé, ni au lavage, ni dans ma vie.
Ces vêtements, je les porte encore, saison après saison, sans m’en lasser.

Depuis deux ans, j’ai dû renouveler une grande partie de ma garde-robe après une prise de poids dont je n’arrive pas à me défaire. Et si j’avais voulu passer exclusivement par la slow fashion, je serais restée sans vêtements à ma taille, incapable de sortir.
Chez certaines marques fast fashion, on trouve même parfois des tailles allant jusqu’au 4XL. Idéal pour les personnes souhaitant pouvoir s’habiller sans lutte, sans frustration.

Alors oui, je continue d’acheter mes vêtements chez H&M et Uniqlo. Des basiques efficaces, des indispensables qui me suivent et m’apportent ce calme vestimentaire dont j’ai besoin : un vestiaire simple, durable, cohérent, qui me ressemble et m’accompagne sans bruit.

Parce qu’au fond, il n’y a pas de débat.
Il y a juste des vies différentes. Des réalités différentes.
Et la liberté de faire de son mieux — à son rythme.

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