Céder à la flemme

La flemme, ce sentiment de paresse, ce désir de ne rien faire, est souvent perçu comme négatif. Pourtant, elle peut être un signal précieux : un appel à ralentir, à écouter son corps et son esprit, à s’accorder un moment de repos bienveillant. Elle n’est pas une faiblesse, mais un murmure qui nous rappelle que nous avons le droit de déposer nos exigences et de nous reconnecter à nous-mêmes.

Céder à la flemme et regarder le ciel

Certains moments où le monde semble tourner trop vite, où chaque geste réclame plus d’énergie que je n’en ai à offrir, sont ceux où je m’autorise à céder à la flemme, non pas comme une faiblesse, mais comme un geste de douceur envers moi-même.

S’autoriser à la flemme, c’est entendre ce besoin profond de ralentir, de se délester des attentes que l’on se impose, de s’accorder une pause avec douceur et bienveillance. C’est choisir, ici et maintenant, de suivre son propre rythme plutôt que celui des obligations : s’installer dans le silence, laisser ses pensées vagabonder, se laisser porter par la respiration, se reconnecter à soi et à ce qui nourrit vraiment l’âme.

La flemme n’est pas une ennemie. C’est un murmure qui me rappelle que je ne suis pas une machine, que mon corps et mon esprit méritent d’être respectés. Dans ces instants, je me pose sur le canapé, je regarde le ciel derrière la fenêtre, je laisse mes pensées flotter, et le temps s’étire doucement. Le corps se détend, le souffle ralentit, le coeur se pose, et je retrouve un rythme qui m’est propre.

Céder à la flemme, c’est accepter ses limites, reconnaître que nous avons le droit, de temps en temps, de ne pas faire quelque chose, et que ce n’est pas grave. C’est dans ces pauses que l’on retrouve parfois une créativité insoupçonnée, que la gratitude s’installe, que l’on se reconnecte à ce qui compte vraiment.

Un bénéfice inattendu de cette douce inertie : elle permet de relativiser les obligations, de réévaluer ce qui est vraiment important, et de savourer des moments simples qui nourrissent l’âme. Lézarder au soleil, se balader dans la nature, papoter avec des amis, ou simplement se laisser bercer par le silence… Chaque geste devient précieux.

Accepter la flemme, c’est aussi accepter l’imperfection, cesser de courir après l’efficacité ou le rendement, et se rappeler que la vie ne se mesure pas en listes achevées mais en respirations ressenties, en silences savourés, en gestes qui apaisent et ressourcent.

Alors, je ferme les yeux, je m’abandonne un instant à cette douceur, et je sens que céder à la flemme n’est pas perdre son temps, mais offrir à soi-même le plus précieux des cadeaux : la présence à soi.

0 comments