Depuis longtemps, je glisse de petites pépites sonores dans mes playlists mensuelles sur spotify, sans jamais vraiment raconter ce qu’elles éveillent en moi. Aujourd’hui, j’ouvre un nouveau chapitre dans mon espace Musique & Inspirations : un rendez-vous presque mensuel, Écho du mois, où je mets en lumière une chanson qui me touche profondément, que ce soit une découverte récente ou un titre qui traverse ma vie depuis des décennies.
Pour inaugurer ce format, j’avais envie de revenir à une source ancienne, douce et lumineuse. Une chanson déposée dans mon existence depuis toujours. Une chanson qui porte en elle quelque chose de plus vaste, de plus silencieux, de plus vrai.
Cette chanson, c’est Sailing, de Christopher Cross.
Sailing : la douceur d’un horizon intérieur
L’album date de 1979.
Moi, je suis née en 1977.
C’est presque comme si cette balade avait grandi à mes côtés, juste à quelques pas de moi, prête à me retrouver au moment où j’aurais besoin d’elle. C'est d'ailleurs le premier album que j'ai acheté en vinyle.
Je ne me souviens pas de la première fois où je l’ai entendue. Je sais seulement que sa douceur m’a enveloppée, que sa voix reconnaissable entre mille a posé un baume sur quelque chose d’essentiel en moi. Christopher Cross possède ce timbre clair, fragile, presque feutré, qui semble flotter dans l’air comme une brise discrète.
Dans Sailing, tout respire la simplicité qui apaise :
le glissement délicat des cordes,
le rythme calme qui avance sans presser,
ce souffle de liberté silencieuse qui s’ouvre comme une mer sans fin.
Ce n’est pas une chanson que j’écoute, c’est une chanson dans laquelle j’entre. Elle me parle sans insister, me guide sans me pousser. Elle touche une zone tendre de mon cœur, un espace où tout se calme, comme si mes pensées prenaient soudain le large vers un horizon plus clair.
Je crois que Sailing est de ces titres qui ne cherchent pas à impressionner. Ils se déposent simplement — et c’est cette simplicité qui bouleverse.
Ce que Sailing réveille en moi
Peut-être que ce morceau résonne autant parce qu’il porte quelque chose d’intemporel. Quelque chose qui traverse les années sans perdre sa lumière.
Quand je l’écoute, je sens un apaisement profond, une sensation de flottage, presque une suspension du temps. Comme si, soudain, le monde se mettait à respirer à mon rythme.
Cette chanson me murmure qu’on peut se laisser porter, qu’on n’est pas toujours obligé de lutter, qu’il existe des courants doux capables de nous ramener à nous-mêmes.
Elle m’accompagne depuis tellement longtemps que je ne pourrais pas dire si je l’ai choisie ou si c’est elle qui m’a choisie. Peut-être que certaines musiques savent reconnaître les âmes qui ont besoin d’elles.
« Sailing takes me away to where I've always heard it could be »
Une phrase, simple.
Mais pour moi, elle cache une immensité.
Elle parle de ce voyage intérieur qu’on peut chercher toute une vie : un lieu où l’on se sent enfin aligné, calme, vivant. Un lieu qui n’est pas forcément géographique, mais profondément intime. Un lieu où l’on se retrouve.
Sailing me rappelle que ce lieu existe — en moi.
Et peut-être qu’au fond, c’est pour cela que cette chanson me suit depuis tant d’années : elle ouvre une fenêtre, chaque fois, vers un espace où tout devient plus clair, plus doux, plus vrai.

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